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April 2001 March 2001  


Mardi 10 avril 2001

COMMERCE ÉLECTRONIQUE
Susciter le trafic à peu de frais
Liette D'Amours
collaboration spéciale
La Presse

Lancer un site Web et ne plus s'en occuper est probablement la meilleure façon d'échouer sur Internet. Pour réussir, il faut non seulement promouvoir son site mais constamment le faire évoluer.

Sur ce point, les experts sont catégoriques: les internautes délaissent les sites statiques. Mais comment susciter le trafic sur son site Internet sans y laisser sa chemise? Comment en faire le marketing sans y engloutir des sommes faramineuses ?

En décembre dernier, Darell Seal lançait MapleSyrup.com, un site unilingue anglais, spécialisé dans la vente de produits de l'érable et destiné au marché américain. Comme bien d'autres, M. Seal ne gagne pas sa vie sur Internet, il veut juste y tenter sa chance.

«L'idée m'est venue quand j'ai vu combien les Américains étaient prêts à payer pour du sirop d'érable. D'ailleurs, personne au Québec ne payerait le prix que je demande», précise-t-il en riant.

À ce jour, les ventes n'ont pas été énormes: 1500$ en trois mois. On ne peut donc encore pas parler de rentabilité puisque le site a coûté 4000$ et que des stocks ont dû être constitués. Pour accroître ses revenus, M. Seal doit donc faire connaître son site à un plus grand nombre d'internautes possible. Il pourrait évidemment se tourner vers une firme spécialisée en cybermarketing, mais il n'a pas ces moyens. Il voudrait bien promouvoir son site, mais il trouve qu'il a déjà assez investi. Que faire?

«Cette erreur est classique, commente Michel Doucet, président de Mustang Technologies, une boîte spécialisée en stratégies Internet. Bon nombre d'entrepreneurs consacrent tout leur argent à la conception de leur site et n'ont plus rien quand vient le temps de le promouvoir. Il serait préférable qu'ils investissent de 75 à 80% de leur budget Internet à la création du site et qu'ils s'en gardent environ 10% pour le promouvoir et 10% pour en assurer l'entretien.»

De plus, avant de gaspiller temps et argent, il est essentiel de rédiger un bon plan de marketing. En ce sens, une offensive Internet ne diffère pas d'une opération marketing traditionnelle. L'entrepreneur doit y décrire ce qu'il vend et à qui, identifier ses compétences et ses concurrents, comprendre sa niche, cerner son marché, reconnaître les occasions d'affaires. Il y précisera aussi comment il compte vendre son produit et de quelle façon. «Peu d'entrepreneurs se dotent d'un tel outil», soutient M. Doucet.

Par ailleurs, il existe quelques façons économiques de susciter la fréquentation sur Internet. Il faut d'abord s'assurer que son site soit adéquatement répertorié dans les bons moteurs de recherche avec les bons mots clés dans les bonnes rubriques. Ainsi, si l'on cible le marché international, il est préférable d'inscrire son site sur des engins tels que Yahoo!, Alta Vista, Excite, etc. Si l'on vise plutôt le Québec ou le Canada, des sites comme la Toile du Québec, Canoë ou Sympatico seront plus appropriés. D'où l'importance d'avoir bien identifié son créneau.

Pour bien répertorier son site, il faut toutefois s'attendre à y consacrer beaucoup de temps. D'ailleurs, il devient parfois plus rentable de sous-traiter cette activité. Selon les exigences, l'opération peut coûter entre 40 et plusieurs milliers de dollars par mois.

«Pour 40$, on retourne sur les engins de recherche à toutes les deux semaines afin de s'assurer que le site y est bien positionné. Le coût varie selon que l'entreprise veut être parmi les 15, 10 ou trois premières à sortir sur les moteurs de recherche. Le prix changera également en fonction du nombre d'engins sur lesquels l'entreprise veut être répertoriée», souligne M. Doucet.

Une fois son site bien répertorié sur le Web, il faut maintenant le faire connaître à l'extérieur d'Internet. Encore une fois, il existe quelques trucs pour s'en tirer à bon compte: «En parler chaque fois que l'occasion se présente: cocktails, rendez-vous d'affaires, colloques, etc., conseille M. Doucet. Le bouche à oreille est excellent.»

On peut aussi inscrire son adresse électronique sur tous ses documents corporatifs. Il ne faut pas non plus oublier d'apporter cette modification dans tous les répertoires où son entreprise est inscrite.

Ajouter son adresse Web sur chaque courriel ou bulletin électronique expédié par l'entreprise peut aussi se révéler très rentable. Des signets présentant l'adresse de son site peuvent également être imprimés à peu de frais. Si les moyens le permettent, on peut évidemment recourir aux médias traditionnels: journaux, magazines spécialisés, panneaux Médiacom, radio et télévision. L'objectif étant de générer du trafic.

«On a beau avoir le plus beau site au monde, si personne ne le connaît, il ne sera pas fréquenté, prévient Michel Doucet. Ça prend des incitatifs. Combien de sites a-t-on visités par simple curiosité, juste parce qu'on a vu une annonce sur un autobus ou dans le métro?»

Autre clé de réussite sur Internet: rendre son site vivant, attrayant.

«Il est toujours payant d'offrir des choses gratuites sur Internet: bulletin d'information électronique, sondages avec prix à gagner, concours, etc. L'objectif de ces offensives: constituer une liste de clients potentiels que l'on peut solliciter par la suite. Des gens qui, de par leur présence sur notre site, sont déjà intéressés par ce que l'on fait. En marketing traditionnel, constituer une telle liste coûterait drôlement plus cher», dit M.Doucet.

Cette façon de faire peut être très efficace: «À titre d'exemple, une de nos clientes s'est constitué une base de données de 40000 noms en distribuant gratuitement des échantillons de soupe sur son site Web. Toutefois, elle consacre de 60 à 80 heures par semaine à la promotion de son site. Il n'y a donc pas de recettes miracles dans Internet: il faut juste y investir beaucoup de temps», conclut Michel Doucet.

Liette D'Amours est directrice, communications et marketing, au CEFRIO.




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